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Marie-Hélène Desmeules – Consentement et expérience corporelle : pourquoi on ne peut pas en rester là

November 11, 2019 Leave a comment Go to comments
Pour sa prochaine conférence, Fillosophie reçoit Marie-Hélène Desmeules (New School for Social Research) pour une présentation intitulée « Consentement et expérience corporelle : pourquoi on ne peut pas en rester là » (voir le résumé ci-dessous). La conférence, qui se déroulera en français, aura lieu le Vendredi 22 novembre, de 13h00 à 15h00, au local W-5215 du département de philosophie de l’UQAM (455, Boulevard René-Lévesque Est).
Cet événement est gratuit et ouvert à tout le monde. Du café et des collations seront servis.
Vous pouvez aussi retrouver l’événement sur Facebook et notre site internet.
Au plaisir de vous y retrouver en grand nombre !
L’équipe de Fillosophie
Résumé :
Le consentement s’est creusé une place au cœur des normes qui sont appliquées à nos rapports intersubjectifs, dont ceux qui affectent notre intégrité corporelle. C’est ainsi qu’un coup de poing dans un match de boxe, un geste à caractère sexuel et une intervention médicale deviennent des atteintes légitimes à l’intégrité corporelle d’autrui si ce dernier y a consenti.
On s’entend généralement sur le fait que le consentement n’est pas le seul acte normatif qui a pour effet de transformer une action autrement incorrecte en une action correcte, puisque les actes de promettre, de s’engager par contrat ou d’assumer un risque sont autant d’actes ayant aussi des effets normatifs. Si en revanche le consentement a aujourd’hui acquis un certain primat sur ces autres actes normatifs, c’est qu’aux yeux de plusieurs, il protègerait mieux protéger l’autonomie de chacun que ces autres actes. Là où la promesse et le contrat lient pour le futur, les effets normatifs du consentement exigent sa constante réactualisation, laissant ainsi celui qui consent libre de changer d’idée. De plus, puisque celui qui consent donne son accord à la réalisation d’une action, il semble davantage engagé pratiquement que celui qui, en assumant un risque, cherche pourtant à l’éviter.
Mais le consentement protège-t-il l’autonomie de chacun comme le prétendent ses partisans? Au-delà de ses apparents atouts que nous présenterons en un premier temps, nous souhaitons pour notre part démontrer que le consentement est un acte normatif qui protège très faiblement l’autonomie de celui qui consent, notamment parce qu’il ne rend pas adéquatement compte de l’entièreté de son expérience corporelle et de son engagement pratique dans le monde. Pour le démontrer, nous devrons d’abord rompre avec la façon dont ces actes normatifs sont actuellement conçus, c’est-à-dire comme des actes grâce auxquels nous modifions, créons, supprimons, cédons, bref aliénons librement les droits et obligations que nous avons, comme si c’était en premier lieu sur ces droits et obligations que devait s’exercer notre autonomie. En vertu d’une seconde conception de nos actes normatifs (que nous trouvons notamment dans : R. c. Ewanchuk ([1999] 1 RCS 330) et R. c. J. A. ([2011] 2 RCS 440)), ces actes ne sont pas des actes grâce auxquels nous modifions les droits et les obligations que nous avons, mais plutôt des actes qui tirent leur sens de certains droits fondamentaux inaliénables qui les sous-tendent, dont l’autonomie de chacun ou le droit à l’intégrité physique et à la sécurité. Ce que nous aimerions montrer à partir de cette seconde conception, c’est que le consentement n’est qu’une facette bien pauvre de ce que c’est qu’être autonome ou qu’avoir droit à l’intégrité physique. Pour ce faire, nous prendrons appui sur les descriptions de l’expérience corporelle développées par certains phénoménologues (Iris Marion Young, Merleau-Ponty), expérience qui consiste non pas seulement à savoir et à contrôler ce qui arrive à notre corps, mais aussi à agir dans le monde par celui-ci. Notre objectif est de montrer que c’est précisément ce dernier type d’engagement pratique qui est oblitéré par le consentement.
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