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Congrès de la SPQ – La tragédie et nous

la tragédie et nous

Congrès de la société de philosophie du Québec

7 et 8 mai 2012

Palais des congrès de Montréal

159 Saint-Antoine Ouest, Montréal

La tragédie, sur les planches ou dans le monde, continue de nous interpeller, de frapper notre imagination et de nous définir. « Nous » philosophes, certes, et cela depuis Platon, rival des dramaturges à son époque, alors que la philosophie l’accompagne et s’y reflète depuis. Mais « nous » aussi comme spectateurs de ces œuvres qui ont traversé l’histoire et continuent à l’éclairer : la tragédie ne s’adresse-t-elle pas avant tout aux affects et à l’intellect d’un auditoire, avant d’être reprise par d’autres discours ? Par ailleurs, comment ce « nous » actuel, moderne ou postmoderne, est-il rejoint par les tragédies, et quels équivalents rencontrent-elles dans la réalité d’aujourd’hui ? Ces questions, la philosophie n’est pas la seule à se les poser, et c’est pourquoi une rencontre pluridisciplinaire s’impose pour réfléchir à nouveau sur le travail de la tragédie dans notre culture.

Ce colloque se veut une occasion de saisir la tragédie, que l’on entende par là une œuvre, une action ou un événement, dans son moment de réception passif, souffrant voire destructeur, mais tout aussi bien dans son moment de réponse active, créatrice et transformatrice. En nous exposant à ce qui dans l’humain est inhumain, en témoignant de l’excès dont il est capable ou qui le détruit, la tragédie est susceptible de remettre en cause nos assurances et nos certitudes, et cela sur plusieurs plans, tant théorique qu’existentiel. Celui du pouvoir, du lien entre les individus et les peuples tout d’abord, son premier creuset. À toutes les époques, l’histoire politique a fourni à la tragédie non seulement son matériau d’élection, mais aussi un défi constant : dans un monde contingent, comment donner sens à la communauté politique et à l’histoire qui se fait, au-delà des idéologies et des religions établies ? Sur le plan de l’identité ou du sujet humain, également : dans le tourment des événements qu’il déclenche et qui le dépasse, qu’advient-il de son intégrité et de sa responsabilité, de ses projets et de sa liberté, de l’amour et de la souffrance? Sur ces deux plans, la tragédie expose souvent les forces obscures et impersonnelles que la raison souhaite discipliner, et met à mal nos prétentions à l’autonomie, au savoir et au bonheur. Sur un dernier plan enfin, celui des formes qu’elle est susceptible de revêtir, la tragédie peut nous surprendre et nous inviter à la création. Depuis l’idéalisme allemand classique au moins, la tragédie est comprise aussi bien comme œuvre de l’art que comme produit de la liberté humaine (« le tragique ») ; et si on a parfois sonné la mort de la première (nous ne produirions plus de tragédies à la hauteur de celles de l’Antiquité ou des 17e/18e siècles), il est possible que le second se manifeste dans des formes inusitées en attente d’être reconnues et représentées.

Ce colloque sera le premier sur le sujet à se tenir dans un congrès philosophique au Québec depuis celui organisé par Pierre Gravel en 1985 (Tragédie et tragique dans la tradition occidentale). Il permettra de rassembler des chercheurs de plusieurs disciplines pour échanger leurs idées dans un même forum, alors que cet intérêt reste souvent sans face publique commune, et d’apprécier le travail de réception de la tragédie à différentes époques, et principalement la nôtre, pour faire un bilan, certes nécessairement partiel, de son actualité.

Programme

lundi 7 mai

9h00 Sophie Cloutier et André Duhamel, responsables du colloque

Mot de bienvenue

9h15-10h00 Lorraine Pintal, directrice artistique et générale du Théâtre du Nouveau Monde

Conférence d’ouverture : « Les héroïnes tragiques, nos contemporaines »

Le théâtre et ses doubles

10h15-10h45 Benoit Castelnerac (Université de Sherbooke)

« ‘Ce que nous faisons est la plus belle tragédie’ (Lois). Remarques directes et indirectes de Platon sur la tragédie »

10h45-11h15 Noémie Verhoef (Université de Sherbrooke)

« Le théâtre ou la pratique de la vérité : une analyse philosophique de Médée de Sénèque »

11h15-11h45 Jérôme Brillaud (Vanderbylt University, Nasville, USA)

« La tragédie de l’homme simple »

L’inhumaine condition

13h30-14h00 Alexis Richard (Université du Québec à Montréal)

« Cruauté tragique et efficacité théâtrale »

14h00-14h30 Christian St-Germain (Université du Québec à Montréal)

« Dépression et tragédie meurtrière : Que reste-t-il du concept d’imputabilité devant l’acte monstrueux?

L’éthique comme réponse au tragique

14h45-15h15 Jean-François Méthot (Collègue Universitaire dominicain, Ottawa)

« La tragédie comme aboutissement du parcours herméneutique de Paul Ricœur »

15h15-15h45 Richard Linteau (Université de Sherbrooke)

« L’éthique face au tragique chez Emmanuel Lévinas »

15h45-16h15 Adeline Ducos (Université de Sherbrooke)

« Les expériences du tragique dans le cadre de la médecine fœtale : la perspective des professionnels de la santé »

Mardi 8 mai 2010

La tragédie comme apprentissage moral

9h00-9h30 Mathieu Fortin (Séminaire de Sherbrooke)

« Le tragique chez Nietzsche : la nécessité de la métamorphose de soi »

9h30h-10h00 Marie-Andrée Ricard (Université Laval, Québec)

« La souffrance au centre du tragique chez Nietzsche »

Le motif du pouvoir

10h15-10h45 Louise Frappier (Université d’Ottawa)

« Conflit tragique, guerres civiles et philosophie politique au XVIe siècle »

10h45-11h15 Martin Thibodeau (Université Saint-Paul, Ottawa)

« L’action et la tragédie dans L’esprit du christianisme et son destin de Hegel »

11h15-11h45 Sophie Cloutier (Université Saint-Paul, Ottawa)

« Tragédie et révolution chez Arendt et Jaspers »

Dans le théâtre du monde

14h00-14h30  Jeffrey Reid (Université d’Ottawa)

« Tragédie, comédie et terreur chez Hegel »

14h30-15h00  Dominic Desroches (Collège Ahuntsic, Montréal)

« Tragédie et mise en scène du climat politique »

15h00-15h30  André Duhamel (Université de Sherbrooke)

« Faire face aux désastres : les tragédies dans l’espace public contemporain »

Responsables :
Sophie Cloutier, Université Saint-Paul (Ottawa) scloutier@ustpaul.ca
André Duhamel, Université de Sherbrooke (Sherbrooke) andre.duhamel@usherbrooke.ca

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