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Christopher Hamel – “L’esprit républicain; droits naturels et vertu civique chez Algernon Sidney”

November 23, 2009 Leave a comment Go to comments

“L’esprit républicain; droits naturels et vertu civique chez Algernon Sidney”

Christopher Hamel (ATER à l’Université de Rouen / Postdoctorant Chaire Unesco)

UQÀM, Salle W-5303, Mercredi le 25 Novembre, 14h-16h

Résumé:
Cette conférence présentera la ligne d’argumentation principale d’un livre à paraître dans la Collection “PolitiqueS”, chez Classiques Garnier Editeurs, début 2010. L’objectif sera de donner, à partir de l’exemple d’Alergnon Sidney (1622-1683), un aperçu des raisons pour lesquelles on peut soutenir, contre une interprétation largement répandue dans l’histoire des idées, que le langage du droit naturel et celui de la vertu civique ne sont aucunement incompatibles, mais s’articulent au contraire de manière cohérente chez
cet auteur incontestablement républicain.

L’esprit républicain est l’expression qu’utilise Sidney lui-même pour décrire ce que son adversaire, Robert Filmer, veut détruire dans son ouvrage Patriarcha. Si les principes de Filmer détruisent l’esprit républicain, prétend Sidney, c’est à la fois parce qu’ils violent le principe de liberté dans lequel tout individu est né, et parce qu’ils rendent impossible la vertu des citoyens,
nécessaire au maintien de la liberté.

Plus précisément, il est possible de montrer que Sidney conceptualise les notions de droits et de vertu d’une manière telle que loin d’être en tension, elles apparaissent au contraire comme complémentaires : chez Sidney, le droit individuel n’est pas un simple désir de sûreté juridicisé, mais un droit moral à vivre émancipé de toute domination; et la vertu n’est pas la finalité première de la cité, mais le soutien nécessaire des lois qui protègent la liberté.

La conséquence principale de cette hypothèse est double: d’une part, elle permet de montrer, par le biais de la reconstruction rationnelle de la pensée politique et morale de Sidney, que le concept de droits individuels n’est pas un concept exclusivement libéral, puisqu’au moment même où Locke, le père fondateur du libéralisme des droits, écrit ses Traités sur le gouvernement civil, un républicain tel que Sidney inscrit au coeur de sa pensée républicaine l’idée que l’individu est naturellement doté d’un droit inaliénable à la liberté. D’autre part, elle ouvre la voie à une relecture d’un certain nombre d’auteurs du XVIIIe siècle, tant Italiens (Genovesi, Alfieri, Filangieri) que Français (Mably, Diderot) ou Anglais (Price, Priestley, Burgh) qui utilisent conjointement le langage de la vertu et le langage des droits. En ce sens,
ce travail sur le républicanisme anglais du XVIIe siècle débouche sur l’hypothèse plus large de l’existence d’un “républicanisme des droits”, entendu comme une tradition républicaine moderne au sein de laquelle le langage des droits est essentiel.

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