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Olivier Morin – Exclusion et victimisation dans les cultures enfantines

Exclusion et victimisation dans les cultures enfantines
Olivier Morin, Institut Jean-Nicod (EHESS)

La conférence aura lieu le vendredi 25 avril à 12h30

Dans la salle du séminaire du CRÉUM (salle 309)
Pavillon 2910, Boul. Édouard-Montpetit
Métro Université de Montréal

Peu de gens voient dans l’exclusion et la victimisation dans les cours d’école des actes politiques. Une attitude courante consiste à y voir un effet des traits de caractère d’une minorité d’enfants que leur milieu social ou leur personnalité pousse à l’intolérance et à l’aggressivité. Une autre voit dans les hiérarchies et les injustices des cours d’école un simple reflet de la domination sociale telle qu’elle existe dans la société des adultes; on dit encore que tous les enfants ont une propension naturelle à ne pas tolérer chez autrui les petites différences physiques, ethniques, linguistiques – à charge pour les cultures adultes de leur inculquer la tolérance.

Je montrerai que l’exclusion chez les enfants n’est pas la simple manifestation d’un sentiment d’intolérance; elle est soumise à des règles et gouvernée par des calculs stratégiques. L’exclusion obéit à des rites remarquablement stables et similaires: par exemple, un grand nombre de cultures enfantines différentes pratique des jeux et des rituels ou la fréquentation des enfants impopulaires ou victimisés est représentée comme un processus de contamination. On peut expliquer ces traditions par les rapports entre le dégoût et les émotions morales, dont on a récemment prouvé l’existence chez l’adulte. Cette hypothèse diffère radicalement d’une autre explication, qui fait l’hypothèse d’une propension naturelle à la xénophobie. La victimisation manifeste elle aussi une certaine logique pénale: elle est souvent utilisée contre les victimisateurs eux-mêmes, dans la mesure où l’on peut les détecter. Ces pratiques ne sont donc pas de simples manifestations de haine ou d’intolérance individuelles: elles sont réglées par des pratiques culutrelles qui, pour n’être pas des institutions, n’en sont pas moins de vraies traditions politiques.

Malgré cela, l’importance de la violence et de l’exclusion dans les sociétés enfantines contemporaines, quoique pas insensée, reste anormale. Je tenterai d’expliquer ce que le phénomène a de pathologique, en faisant appel à ce que nous savons de la démographie des groupes d’enfants dans l’évolution humaine, et à ses conséquences probables sur la cognition sociale. Cette explication suggère une solution simple au problème de l’exclusion et de la victimisation excessives.

Olivier Morin étudie à l’Institut Jean-Nicod (EHESS) où il prépare, sous la direction de Dan Sperber, une thèse qui porte sur la transmission culturelle. Il séjourne pour l’année 2007-2008 à l’Université Rutgers (NJ). Il s’intéresse en particulier au développement des capacités mises en oeuvre dans l’imitation et la communication; il essaye de mettre en rapport ce que nous dit la psychologie du développement sur ce sujet, et ce que nous en dit l’étude des traditions enfantines.

Pour information : Benoît Dubreuil benoit.dubreuil [at] umontreal.ca

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