François Pépin – Le matérialisme pluriel de Diderot : les matières, leurs qualités et leurs interactions
ANNONCE DE CONFÉRENCE
Département de philosophie
Université de Montréal
Le matérialisme pluriel de Diderot : les matières, leurs qualités et leurs interactions
François Pépin
(Université Paris Ouest Nanterre et CERPHI-UMR 5037)
Comme l’indique l’article « Spinozisme » de l’Encyclopédie, le matérialisme de Diderot peut se présenter comme un « néospinozisme » étendant la critique du dualisme substantiel à la formation du vivant. Largement inspirée par les sciences du vivant, cette approche rejette les divisions binaires entre matière et pensée et entre matière brute et matière vivante. Sous cet aspect, bien connu, le matérialisme de Diderot apparaît comme un monisme cherchant à ramener le vivant et le pensant à certaines organisations libérant les potentialités de la matière. Mais une autre perspective apparaît lorsqu’on donne tout son poids à l’intérêt de Diderot pour la chimie. S’appuyant sur les concepts et opérations de la chimie, Diderot pluralise les matières, s’intéresse à leurs qualités spécifiques et à leurs interactions. Cela permet notamment d’articuler l’analyse des potentialités inhérentes à la matière à l’étude des relations particulières et des opérations les actualisant sous certaines formes. Loin d’affirmer une définition générale et abstraite de la matière et d’en faire un fondement métaphysique, c’est en pluralisant les approches, en jouant avec les possibilités différentes des sciences et en spécifiant les contextes expérimentaux, que se construit le matérialisme diderotien. Il offre ainsi l’originalité d’être une philosophie de la matière concrète et, en un sens, une métaphysique de la chimie.
MARDI, 21 FÉVRIER 2012
14H00-16H00
2910 ÉDOUARD-MONTPETIT, LOCAL 422